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Les porteurs du patronyme ZIEGLER sont très nombreux en Alsace.
Mais ce nom de famille est également présent dans d'autres régions où on le rencontre sous la forme française de THUILLIER.
Du fait de sa fréquence, il existe plusieurs souches ZIEGLER, n'ayant aucun lien les unes avec les autres.
L'origine de ce patronyme provient en effet du métier de tuilier, c'est-à-dire la personne qui fabriquait des tuiles et briques qui servaient aux divers bâtiments.
Le préfixe Ziegel est aussi souvent utilisé dans les toponymes où noms de lieux.
Ainsi le Dictionnaire Topographique du Haut-Rhin de STOFFEL nous révèle l'existence d'une quarantaine de lieux commençant par Ziegel.
Citons par exemple le Ziegelweg à Ammerschwihr, à Buhl ou encore à Soultz ; la Ziegelscheuer à Blodelsheim, Guebwiller, Lautenbach ou Rouffach ; le Ziegelbrunnen cité à Blotzheim en 1353.
Le Dictionnaire Historique et Biographique de la Suisse consacre une large notice à cette famille présente dans les cantons de Berne, Fribourg, Saint-Gall, Schaffhouse, Schwyz, Soleure, Uri et Zurich.
Les ZIEGLER sont cités dans le canton de Fribourg dès 1258.
La famille apparaît dans la bourgeoisie de la ville de Fribourg en 1524.
Elle portait des armoiries "d'azur à un moule à tuile d'argent à la bordure d'or, chargé de trois étoiles d'or".
Dans le canton de Schaffhouse le patronyme fait son apparition en 1316 avec le Frère Konrad, économe du couvent de "Paradies".
Mais le fondateur des ZIEGLER devenus nobles dans ce canton est peut-être Peter, le marchand venu de Constance à la fin du XIVè siècle.
La famille ZIEGLER fut également une importante famille de conseillers de la ville de Zurich.
Le Livre des bourgeois de la Ville de Mulhouse nous indique qu'un représentant de la famille ZIEGLER se prénommant Hans, fut l'ambassadeur de la ville pour assister au couronnement de l'Empereur Henri VII à Rome en l'année 1312.
Les registres de la justice de la Ville nous mentionne l'existence d'André ZIEGLER en 1424, de Friedrich ZIEGLER en 1425 et de Christian ZIEGLER en 1434.
Un certain André ZIEGLER prit part à la bataille de Marignan en 1515, bataille qui lui coûta la vie.
Un peu plus d'une quarantaine de porteurs du patronyme sont enregistrés sur la liste d'admission à la bourgeoisie de la cité du Bollwerck entre 1552 et 1790.
Citons par exemple Michel, le vigneron en 1580, Jacques, le tisseur de laine en 1584, Daniel, le peintre en 1738 ou encore Jean, le boucher en 1765.
Les armoiries des ZIEGLER de Mulhouse sont "parlantes" puisqu'elles représentent le métier de tuilier par son outil: le moule à tuile : "In rothem Felde eine goldene Ziegelform, mit einem silbernen Kreuz verschen und von einem grünen Kranz umgeben, worin silberne Blumen eingeflochten sind. Auf dem Helme ein Halb roth und halb silberner Flug, in dessen Mitte die Ziegelform wiederholt ist".
Les extraits des registres protocoles de Mulhouse, publiés dans le Bergha 55, font état d'un contrat de mariage daté du 13 décembre 1641, passé entre Martin ZIEGLER, fils du Maître Jacques ZIEGLER et la Dame Marie Ester KAUFFMANN, veuve de Michel GROSSHEINTZ, chef de corporation.
Le Livre des bourgeois de Colmar de Roland WERTZ mentionne plusieurs porteurs du patronyme ZIEGLER.
La première apparition du nom date de l'année 1545 lorsque Gall ZIEGLER est reçu bourgeois de la ville.
On apprend alors que ce dernier possède une maison dans la rue des juifs, bâtiment situé à côté de la demeure de Henri PILGER.
Citons également Jean et André ZIEGLER qui furent admis à la bourgeoisie, respectivement en 1554 et 1584.
Un important travail sur les familles ZIEGLER a été réalisé par Jean Louis KLEINDIENST.
Ce document nous apprend, en autre, que Paul ZIEGLER, tonnelier de profession, natif de Buch en Allemagne épousa le 20 juillet 1630 à Hunawihr Madeleine ENDERLIN.
De cette union naquirent huit enfants dont Paul, baptisé en 1640, qui fit souche sur place en prenant pour femme Anne Marie FISCHER de Ribeauvillé.
Jean, un autre fils de Paul ZIEGLER et de Madeleine ENDERLIN s'unit avec Anne Barbe BURCKER qui lui donna une nombreuse descendance.
Le village viticole d'Ammerschwihr habrita aussi la famille ZIEGLER dés le début du XVIIè siècle (cf. les familles d'Ammerschwihr, copie au CDHF).
Dans la liste d'admission à la bourgeoisie de Kaysersberg établie par l'Archiviste Francis LICHTLÉ, on relève Mathias ZIEGLER en 1609, Simon ZIEGLER, le boulanger en 1618 ou encore Valentin et Laurent ZIEGLER en 1628.
Dans le dépouillement systématique des registres paroissiaux d'Eguisheim réalisé par Jean LORENTZ, figure le mariage de Nicolas ZIEGLER et Anne HUNDBRECHER, union célébrée le 27 septembre 1605.
Dans un acte de l'an 1458, conservé aux Archives Départementales du Haut-Rhin, il est fait mention de trois habitants de Hattstatt, dont Eberhard ZIEGLER (Bergha 43).
Dans le village voisin de Gueberschwihr, un certain Gangolphe ZIEGLER est cité en tant que prévôt du lieu en 1612.
Pfaffenheim a également vu s'installer un membre de la famille ZIEGLER.
En effet, Mathias, fils de Martin ZIEGLER et Madeleine GOETZ convola en justes noces le 13 juillet 1701 avec Anne Marie DOLLFUS.
De cette union naquit Mathieu en 1716 qui unit sa destinée avec Catherine FRICK.
D'autre part, une très ancienne mention est relevée dans l'ouvrage de Theobald WALTER "Urkunden und Regesten der Stadt Rufach".
Le jeudi après la Saint Nicolas de l'année 1339, autrement dit le 9 décembre, Agnes ZIEGLER de Rouffach fait donation d'une rente en argent, garantie par ses terres au ban de Rouffach, à une institution religieuse de la cité.
Non loin de la petite ville médiévale de Rouffach, à Westhalten, cinq unions ZIEGLER ont été célébrées dans l'Eglise Saint Blaise du village.
Notons par exemple que le 19 juin 1667, Jean Conrad ZIEGLER, natif d'Orschwihr épousait Barbe HEITZMANN, dont il eut trois enfants.
Quelques années plus tard, Adam ZIEGLER unit sa destinée à Marie GASSER.
Relevons aussi l'existence d'un monument funéraire daté de 1852 dans le cimetière d'Orschwihr, à la mémoire d'Anne Marie ZIEGLER décédée la même année.
Le répertoire du Clergé d'Alsace de Louis KAMMERER cite Georges ZIEGLER, fils de Louis et natif de Soultz, qui fut ordonné prêtre le 5 avril 1670.
Curé de Steinbach, puis de Leimbach, il se vit attribuer la charge de la paroisse d'Aspach, où il décéda.
De même, Jérôme ZIEGLER fut curé d'Issenheim de 1673 à 1692.
L'analyse des actes notariés d'ancien régime de la commune de Buhl montre que des ZIEGLER étaient présents dans le village avant "l'invasion suédoise".
En décembre 1626 on procéda à l'inventaire des biens de feu Conrad ZIEGLER. Le partage fut réalisé entre sa veuve, Marguerithe SCHMITT et les enfants.
Quatre années plus tard un second partage confirma le premier. Cet acte précisait que le défunt possédait le droit de bourgeoisie à Buhl et qu'il siégait au sein du tribunal hebdomadaire.
Puis le patronyme semble s'éteindre à Buhl et il renaît après quelques décennies par l'apport d'extérieurs.
En 1739 c'est Sébastien ZIEGLER de Soultzmatt qui vint épouser, dans l'église de Notre Dame de Lorette, Suzanne BALLIFF la veuve de Balthazard HILDENBRAND.
Puis un demi siècle plus tard nous relevons le mariage de Gangolphe ZIEGLER venant d'Orschwihr, avec Anne Marie UNTERNEHR de Buhl.
Les établissements Ziegler & Creuter de Guebwiller>
La fabrique d'indiennes (étoffe de coton peinte ou imprimée) fut fondée en 1805 à Guebwiller.
En 1823, elle avait pour associés Jean Jacques ZIEGLER, père et Louis CREUTER.
Elle disposait à ce moment-là d'environ mille deux cents métiers à tisser dispersés dans les communes environnantes.
En effet, suite à l'expansion des établissements industriels de Guebwiller au début du XIXème siècle, le travail à domicile se développa de façon très importante.
Les cotons étaient livrés aux tisserands par des commis de la filature qui récupéraient ensuite les toiles (S'Lindeblätt numéro 1).
En 1828, l'entreprise est racheté par Frédéric Jacques WITZ pour ensuite devenir l'établissement FREY et WITZ.
Notons aussi qu'en 1826, l'église des Dominicains de Guebwiller servait de dépôt à la teinturerie ZIEGLER-CREUTER.
A l'instar d'autres familles alsaciennes, certains représentants de la famille ZIEGLER ont quitté leur terre natale pour le Nouveau Monde, espérant y trouver une vie meilleure.
Ainsi, grâce au dépouillement des demandes de passeport des haut-rhinois pour les Amériques par Dominique DREYER, on sait que Sébastien ZIEGLER, natif de Guebwiller, a quitté la capitale du Florival avec sa femme et son frère en 1849 à destination de la Nouvelles Orléans.
Marié avec Catherine ZIMMERLÉ qu'il avait épousé à Guebwiller le 22 septembre 1842, il était le fils de Joseph ZIEGLER, cordonnier et de Madeleine HATZIG, thanoise d'origine.
Il en est de même pour Jules et Maurice ZIEGLER, tous deux guebwillerois.
Le premier, alors âgé de 22 ans, partit pour San Francisco après avoir fait une demande de passeport le 26 février 1849.
Le second, fondeur de profession, choisit de se fixer dans une ville de la Nouvelle Orléans.
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