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Le Baumann, l'homme qui cultive, est un agriculteur. Il doit son nom à l'ancien verbe faible allemand "buwen" signifiant mettre en culture. Le patronyme est par conséquent assez fréquent. Dans la vallée de Munster, le terme correspond également au responsable du village (dictionnaire d'ancien alsacien par F.J. HIMLY). Détail d'une fenêtre de Bernwiller, les Baumann sont cités dans ce village dès 1505 Connu dès le XIVè siècle au Tyrol, le nom apparait également en Suisse dans divers cantons. Le Dictionnaire Historique et Biographique de la Suisse consacre une importante notice aux BAUMANN. Présents au XIVè siècle dans les cantons de Saint-Gall, Zurich et Schaffhouse, ils sont aussi connus dans le canton de Berne (XVIIè), en Thurgovie (1560), ainsi que dans les cantons de Lucerne (XVIIè), Appenzell (XVIIIè), Uri et Argovie (XIXè). Les familles BAUMANN de Thurgovie portaient "de gueules à un fer de lance d'argent posé en pal, sur trois coupeaux", et celles du canton de Zurich "parti d'or à une demi aigle de sable et de sable à un homme armé d'or sur trois monts de sinople". Le Livre d'Or du Jura mentionne des BAUMANN dès 1585, dont une branche établie à Buix était originaire du Tyrol. Enfin, l'armorial de la ville de Bâle donne les armoiries et l'arbre généalogique des BAUMANN à partir d'un Jean de Schaffhouse (début du XVè). Il est intéressant de noter les alliances des enfants de Jean avec les familles HALBEISEN, LIDIN, VOLMIS et WIDERSPACH, quatre noms connus dans le Sundgau. Les BAUMANN ont fait partie, comme tant d'autres familles, du grand mouvement des colons Suisses vers l'Alsace exsangue après la guerre de Trente Ans. Les travaux de feu Joseph SCHURMANN (Lücerner Auswanderer) donnent des indications précieuses sur le secteur de Lucerne. D'Ettiswil, Adam BAUMANN vint se fixer à Rouffach. De Rieden, Paul BAUMANN rejoignit la même ville. Véronique, fille de Nicolas BAUMANN de Rieden, s'implanta à Sainte-Croix-en-Plaine, et Ulrich BAUMANN à Oberhergheim. Enfin, Joseph BAUMANN de Wikon vint en Alsace sans que l'on sache exactement où il fixa sa résidence. Au XVIIè siècle, les BAUMANN étaient présents à Houssen où ils furent laboureurs, à Bollwiller où ils devinrent pépiniéristes, à Wittelsheim, à Fellering etc. A Mulhouse, la famille BAUMANN est considérée comme une ancienne famille éteinte (Bürgerbuch de Nicolas EHRSAM). Mentionnons ici le contrat de mariage passé en septembre 1640 entre Peter BAWMAN d'Illzach et Anna BRUNNER de Mulhouse. Les BAUMANN habitaient dans pratiquement tous les villages situés de part et d'autre d'une ligne imaginaire que l'on tracerait entre Eschentzwiller et Hégenheim. La liste des alsaciens réfugiés à Bâle en l'an 1676, publiée par la société d'histoire de Huningue, mentionne des porteurs du nom à Hésingue, Kappelen, Sierentz, Michelbach-le-Haut, Stetten, Blotzheim, Brinckheim (Henri, le maire) et Bartenheim. Eschentzwiller abrite depuis bien longtemps des BAUMANN. Ils étaient en rapport avec ceux de Bruebach cités dès 1505. A Eschentzwiller, ils étaient forgerons: en 1681, pas moins de trois BAUMANN y exerçaient ce métier. A Kappelen, Clewin BAUMAN donna, vers 1598, sa contribution de sept batzen pour la guerre contre les Turcs. Deux siècles plus tard, précisément en 1832, Michael BAUMANN construisit sa maison au centre du village où l'on peut la découvrir aujourd'hui encore. Vers 1550, Heitzi BUMAN et son épouse Barbara fondèrent une messe anniversaire en l'église de Sierentz pour le repos de leur âme ainsi que celle de leurs parents et enfants. Une branche de la famille BAUMANN de Bartenheim s'installa à Guebwiller avec Antoine BAUMANN, né en 1767, qui épousa à Soultz le trente frimaire de l'An VIII de la République (21 décembre 1799) Marie-Thérèse ULRICH de Guebwiller. A Attenschwiller, les BAUMANN étaient laboureurs. En 1686, Hans BAUMANN y avait épousé une Suissesse du Frickthal, Anna HOLLINGER (travaux de Suzanne ALLEMANN). Au XVIIIè siècle, ils étaient toujours nombreux à Attenschwiller. A Blotzheim, plusieurs familles BAUMANN étaient présentes au XVIIè siècle. Bien que mals tenus, les registres paroissiaux indiquent la présence des BAUMANN avant la guerre de Trente Ans. Le 19 novembre 1605, le curé célébra l'oraison funèbre de Christian BAWMANN, adolescent mort à la guerre. Citons également Hans Geärg BAUWMAN dont la maison fut estimée en 1680 à 450 livres, monnaie de Bâle. Ce bien était grevé d'une hypothèque en faveur d'Emmanuel SCHILLING de Bâle. Deux années plus tard fut rédigé le contrat de mariage qui unissait Peter BUMAN et Catharina HUNING. En mars 1685, la veuve de Jacob BAUMAN fit une donation en faveur de sa fille Anna et de son gendre Heinrich BERA. A cette époque, le seigneur de Blotzheim s'appelait Urs GLUTZ. En 1688, il acquit d'Agnès WERNER, veuve de Lienhard BAUMAN, une chènevière au ban de Blotzheim. Le mariage BAUMANN-WERNER avait été célébré à Blotzheim en juillet 1658. Le village de Michelbach-le-Haut abritait également une famille BAUMANN. En 1675, Christian BAUMAN, veuf, y avait épousé Barbe METTENBERGER en présence du maire Gaspard MUNCH. Un siècle plus tard, Antoine et Barthélémy BAUMANN figuraient sur la liste des miliciables de la localité. A Ranspach-le-Bas, Maria BAWMAN de Kappelen s'était unie, en janvier 1620, à Franciscus MOLITOR (MULLER). Une année auparavant, Jos BAUWMAN de Kiffis y avait épousé Catharina BILGER de Bouxwiller. A Knoeringue, les anciens registres attestent de la présence des BAUMANN dès le début du XVIIè siècle. En 1618, Henri BAWMANN, originaire de Kiffis, y prenait pour femme la veuve Salomé NICKLER de Steinsoultz. De l'autre côté de la "route haute", à Jettingen, les BAUMANN sont nombreux. Vers 1690, la fille de Léonard BAUMANN de Jettingen épousa Hans GOETZ issu d'une famille aisée d'Altkirch. Le registre paroissial des baptêmes de Jettingen comporte au folio 17 onze baptêmes s'échelonnant de mai 1726 à avril 1727. Pas moins de cinq concernent le baptême d'un BAUMANN. On y relève les jumeaux Jean et Anne Marie, enfants du couple Jean-Georges BAUMANN et Anne GULIGAG. Dès 1632, Johannes BAUMANN était maire de Dornach, alors commune autonome. Les BAUMANN ont toujours eu des postes importants à Dornach où ils agissaient souvent au nom des ZU RHEIN, seigneurs du village. Au début du XVIIè siècle, Caspar BAUMANN était le procureur fiscal de la localité et également aubergiste. Il obtint à cet effet une autorisation de débiter du vin en 1724. Le dépouillement exhaustif des mariages et des sépultures de la paroisse catholique de Dornach montre l'importance de la famille avant la Révolution. On y dénombre pas moins de quinze mariages dont l'époux est un BAUMANN, originaire du lieu ou venant d'autres horizons comme Delémont, Zubben en Thurgovie, Munchhouse et Morschwiller-le-Bas. Ce dernier village était le lieu de résidence d'une famille BAUMANN. Elle donna naissance, en 1746, à Nicolas BAUMANN qui fut curé de Wittenheim et de Zaessingue où il décéda en 1817 (KAMMERER). En 1505, Hans BUMAN habitait Bernwiller et devait un cens annuel à Mulhouse. Ce cens fut payé en 1573 par Peter BAUMAN de Bernwiller, probablement descendant de Hans. Lors du dénombrement de 1659, Adolphe BAUMAN, âgé de 35 ans, était laboureur à Bernwiller. La famille semble disparaitre par la suite car elle ne figure plus dans le livre des familles de Bernwiller. Elle apparait alors à Ammertzwiller où les tableaux généalogiques mentionnent six familles au XVIIIè siècle. Non loin de là, à Spechbach-le Haut, Jacques et Michel BAUMANN sont présents lors du recensement de 1698. En 1662, le registre-terrier des biens que possédait l'abbaye de l'Oelenberg sur les bans de Galfingue et Spechbach fut renouvelé. Parmi les sept jurés de Spechbach-le-Haut qui assistaient à cette importante opération, on note la présence d'Adolphe BAWMANN. A Dannemarie, la famille BAUMANN est connue dès la fin du XVIIè aux travaux de Louis TSCHAEN sur la prévôté de Traubach. Nous y relevons en particulier Victor BAUMANN, décédé vers 1715, qui eut deux fils, Victor et Joseph. Plus tard, Antoine BAUMANN, marchand à Dannemarie, figure sur l'arbre généalogique des descendants HAENNIG ayant droit à une bourse d'études à Fribourg-en-Brisgau (voir le chapitre consacré à cette famille). Il avait épousé Anne-Marie RICKLIN, descendante HAENNIG. Leurs huit enfants figurent sur l'arbre en question. Parmi eux, deux devinrent prêtres. Le premier, Joseph-Antoine, né en 1756, fut chapelain de Dannemarie. Réfugié à Mariastein puis à Constance pendant la Terreur, il partit en 1799 en Bohême puis à Vienne et décéda au pays de Bade. Son frère, Jean-Joseph, né en 1763, fut vicaire de Dannemarie, émigra aussi pendant la Terreur, puis revint comme curé d'Altenach, Hochstatt et Huningue où il décéda en 1832. Un troisième BAUMANN, prénommé Joseph, a également été prêtre. Né à Dannemarie en 1748 de Jean-Baptiste et de Marie RICHERT, il fut ordonné en 1773 Curé de Murbach, il quitta aussi son pays natal pour ne pas avoir à prêter le serment révolutionnaire. De retour en 1802, il fut curé de Gueberschwihr à partir de 1805, village où il s'éteignit en 1826 (KAMMERER). Mentionnons enfin la présence de Hans BAUWMAN à Soppe-le-Bas en 1562 et l'existence d'une famille BAUMANN à Hecken et Gildwiller au XVIIIè siècle, avec une pensée pour Joseph BAUMANN, historien de Thann, qui était fier de ses racines sundgauviennes. Version complète
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