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Les Ballif de Soultz: leurs descendants y sont encore nombreux, sous d'autres patronymes La fonction de bailli était importante sous l'Ancien régime. Le bailli (en allemand Vogt) commandait, pour le compte du seigneur, une entité administrative nommée le bailliage (Vogtei). Une seigneurie pouvait posséder plusieurs bailliages : c'était le cas pour la Principauté de Murbach par exemple, avec les bailliages de Guebwiller, Wattwiller-Uffholtz, et Saint-Amarin. Le bailliage pouvait lui-même se subdiviser en sous-bailliages. Ce nom de fonction a tout naturellement donné naissance à un patronyme, bien que certains auteurs pensent que sa fréquence indique également un sobriquet ironique. En France le nom est assez courant. A Sainte-Marie-aux-Mines nous trouvons dès le XVIè siècle des BAILLIF dans les registres de la paroisse réformée française. Mais la famille dont nous explorons aujourd'hui l'histoire est originaire du Jura Suisse où de nombreux villages avaient leur bailli ou baillif. Le Livre d'Or des Familles du Jura nous apprend que, dès le XIVè siècle, les BAILLIF sont connus à Porrentruy. La tige de cette famille est représentée par Jean BAILLI, originaire de Vernois, dont le fils Huguenot BAILLIF fut reçu bourgeois de Porrentruy en l'an 1399. Habitants à Masevaux les BAILLIF étaient bouchers au tournant du XVIIè siècle. Leur ancêtre commun fut Jean BAILLIF. Les Archives Communales de Masevaux, que nous consultons régulièrement grâce à l'obligeance de Mme M.Thérèse KACHLER, nous apportent indirectement la solution quant à l'origine de Jean BALLIF. Le baumestre de l'époque, nommé Jean WALTHER, et qui fut en exercice de la Sainte Catherine 1582 à la Sainte Catherine 1583, tint scrupuleusement ses livres de comptes. Parmi les recettes il inscrivit pour cet exercice une somme d'une livre et cinq sols (monnaie de Bâle) payée par "Hans BALIF von Bruntraut der Metzger" (= Jean BAILLIF de Porrentruy, le boucher). Cette somme d'argent avait été perçue comme droit d'admission à la bourgeoisie de Masevaux. Egalement originaire de Porrentruy, son épouse Catherine PETERHALER lui donna plusieurs enfants dont nous trouvons la trace dans le registre des baptêmes de Masevaux dès 1585. Sans doute faut-il aussi y ajouter un fils Jean, tige des BALLIF de Cernay dont nous reparlerons. Parmi les enfants du couple BALLIF-PETERHALER citons un fils Louis, baptisé en l'église paroissiale de Masevaux en juin 1585 et époux de Pétronille JELSCH. Ils eurent cinq enfants tous nés à Masevaux entre 1610 et 1620. En 1617 Louis fut sommé de verser une amende de dix sols à cause de son cheval. La bête avait causé des dégâts dans le pré appartenant à l'église Saint Martin de Masevaux. La soeur de Louis, Suzanne BALLIF, se maria à Rouffach en 1616 avec Valentin MAULBECK. Leur mère Catherine PETERHALER décéda sans doute vers 1591 et nous retrouvons son veuf, Jean BALLIF, remarié en 1592 à Catherine ROESLER. De cette seconde union naquirent à Masevaux quatre autres enfants. Jean II, né vers 1580, épousa en février 1604 à Masevaux Catherine SUMMERVOGEL, la fille de Pierre, nâtive de la ville. Deux fils firent la joie de leurs parents : Henri et Michel, nés en 1604 et 1606. La famille quitta alors Masevaux pour se rendre à Cernay où nous retrouvons Jean II en 1615 lors de son remariage avec Suzanne WISANDA. En 1618 Jean II est cité en tant boucher et tient son commerce à Cernay. Ayant acquit le droit de bourgeoisie local, la famille acquit des biens fonciers. Le fils Michel se maria par trois fois. Sa première femme Agnès SCHULTZ lui donna trois enfants, sa seconde épouse Anne Marie WINTER huit, et sa troisième compagne, Anne Barbe IHLER, deux autres. C'est la seconde épouse de Michel qui fit entrer dans la famille BALLIF un riche patrimoine constitué notamment de l'auberge Au lion et des bâtiments annexes, auberge située alors au faubourg de Cernay, au sud de la Thur. Cette auberge était exploitée par son beau-père Mathias WINTER. Dès 1657 Michel fut admis au magistrat de la ville, preuve de sa réussite sociale. Dans le dénombrement de 1659 il est qualifié d'"Hoste", c'est-à-dire d'aubergiste. Mais en 1660 il tomba gravement malade. Dans l'espoir de lui apporter la guérison son beau-frère, Mathieu KERN, fit pour lui un pèlerinage à Mariastein , puis un autre à Einsideln. Mais le sort en avait décidé autrement et Michel décéda en octobre 1660. Les autorités procédèrent alors à l'inventaire exhaustif de tous ses biens. Ce document est particulièrement intéressant puisqu'il reprend, entre autre, les ustensiles utilisés à l'auberge. Comme le voulait la coutume successorale appliquée en Haute Alsace c'est le plus jeune fils, prénommé Jean, qui hérita de la maison. Né en 1653, Jean BALLIF succéda à son père aux commandes de l'auberge "zum Leüwen" (Au Lion). L'importante route reliant Belfort à Colmar passait devant l'auberge et proposait aux hommes et aux chevaux un peu de repos. Epoux de Barbe LISCH, il fut tout comme son père aubergiste, boucher et membre du magistrat de la ville. Sans doute très pieux on le trouve également à la tête de la confrérie de la Bienheureuse Vierge Marie à Cernay. Mais il décéda jeune, à peine âgé de 33 ans. De ses cinq enfants seul une fille Christine lui survécut. L'auberge passa alors à sa soeur Amélie BALLIF, l'épouse de Jean Georges LORENTZ originaire de Soultz. La branche des BALLIF de Soultz, qui fut importante au XVIIIè siècle, était issue de Thiébaut BALLIF, un fils de Michel et d'Agnès SCHULTZ de Cernay. Né au cours de la guerre de Trente Ans, son acte n'a pas été enregistré à Cernay, les lacunes étant nombreuses en cette période troublée. Thiébaut épousa en 1659 une fille de Soultz, Agathe BIECHY, et s'y fixa. Entre 1661 et 1679 nous avons relevé neuf enfants issus de ce couple. Sur les six garçons, quatre ont laissé postérité à Soultz. Le premier fut Georges, le boucher, qui s'unit à Anastasie IMMELIN, et dont nous retrouvons les descendants, grâce à ses onze enfants, dans les familles LAUB, HILDENBRAND, ZIEGLER, BERNU, BAUMLIN et DUERRWELL. Le second fils de Thiébaut se prénommait Pierre et avait épousé la fille d'André FREY le prévôt de la ville. Ce couple eut également onze enfants. Le troisième, Michel époux d'Elisabeth WIENTZ, et le quatrième, Thiébaut le mari d'Anne LAMBINET, ont généré de même une importante descendance. Dans les rameaux du dernier s'inscrit par exemple toute la famille WECKERLIN et JUX. Aujourd'hui inconnu à Cernay et à Soultz, le nom BALLIF ce retrouve pourtant dans de nombreuses ascendances locales. Il était juste de le sortir ainsi un peu de l'oubli. Version complète
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